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L’INSPIRATION INDIENNE

Dès la fin du XVIème siècle, avec l’intensification du commerce entre Orient et Occident, les étoffes imprimées appelées « Indiennes » connaissent un succès considérable en Europe. Utilisés pour l’habillement et les tentures, ces tissus légers se reconnaissent par leurs motifs floraux et leurs couleurs chaudes.

Vous trouverez cette inspiration dans les chambres et suites Douchka, Appollonie et Liane de Pougy I.

Douchka

Inspiration Indienne

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Il possède des yeux bleus caressants, un visage d’une douceur enfantine et une barbe soyeuse : le jeune comte ne regrette pas d’avoir poussé la porte de la Maison Souquet, l’un des lieux de plaisir les plus courus de la capitale : Douchka, son élue d’un soir, sensuelle mais sans en avoir l’air, à la fois naïve et malicieuse, illustre à merveille son idéal féminin. Il ne se doute pas encore qu’il va succomber follement à cette coquette à la cambrure exaltante, pour le plus grand malheur… de son portefeuille.

Passionnée de bals, de caf’conc’ et de music-hall, Douchka l’entraîne chaque jour chez les couturières, les modistes et les bijoutiers pour être parée comme une princesse quand, le soir venu, elle parade à son bras aux Folies-Bergère ou au Moulin Rouge. Le 9 décembre 1896, le couple se retrouve au théâtre de la Renaissance, au milieu de mille cinq cents personnes, quand la célébrissime Sarah Bernhardt reçoit une ovation des plus grandes personnalités des arts et des lettres. Enthousiaste, Douchka n’a alors plus qu’une idée en tête, devenir actrice. Le comte s’endette ? Il est grand temps pour l’ambitieuse de regarder ailleurs…    

Apollonie

Inspiration Indienne

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Enfant illégitime, la ravissante Aglaé Savatier comprend vite la nécessité de se trouver un protecteur. Ce sera le collectionneur d’art Alfred Mosselman. Aglaé, qui a préféré se renommer Apollonie, accueille alors de nombreux artistes dans son Salon de la rue Frochot. Il y a là des musiciens autour de Berlioz, des peintres et sculpteurs -Meissonnier, Vidal, Jalabert, Courbet-, des écrivains -Gautier, Dumas père, Flaubert, les Goncourt- et des poètes -Musset, Nerval, Baudelaire- qui en font leur muse ou leur modèle. Envouté par celle qui lui inspire certains poèmes des Fleurs du mal, Baudelaire devient son amant secret. Tous ont un grand respect pour cette femme libre, intelligente et audacieuse qui, contrairement à d’autres demi-mondaines, cherche davantage à apprendre qu’à plaire.

Avant de la quitter pour une plus jeune, Mosselman, fier de montrer à tous les courbes irrésistibles de sa maîtresse, la fera sculpter par Auguste Clésinger : reins cambrés et pose lascive, la Femme piquée par un serpent provoquera un immense scandale au Salon de 1847 mais immortalisera la belle Apollonie pour toujours.

LIANE DE POUGY I

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« La plus jolie femme du siècle » : c’est en ces termes que l’écrivain Edmond de Goncourt décrit Liane de Pougy, une courtisane qui collectionne autant les perles que les amants, pose pour le peintre Antonio de la Gandara avec qui elle entretient une liaison, ce qui ne l’empêche pas d’aimer également les femmes.

Contrairement à la plupart des « grandes horizontales » de la Belle Epoque issues d’un milieu modeste, Liane de Pougy provient d’une famille fort convenable. Née Anne-Marie Chassaigne, la grande brune au physique androgyne et à la silhouette fine reçoit une excellente éducation avant d’épouser à seize ans un jeune militaire. Pour un tempérament de feu comme elle, les carcans du mariage finissent vite par peser trop lourd : Anne-Marie abandonne rapidement mari et fils pour entrer dans une maison de plaisirs à Paris sous le nom de Liane de Pougy et grimper rapidement les échelons de la galanterie en devenant danseuse aux Folies-Bergères, puis mime à l’Olympia. La rivalité tapageuse entretenue avec la Belle Otero, consacre leur notoriété comme reines de la vie parisienne de la Belle Epoque.