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L’INSPIRATION NAPOLÉON III

Expression de l’opulence de l’époque, l’art décoratif du Second Empire n’est que profusion des formes et richesse des matériaux. Confidents et poufs capitonnés apparaissent alors, tandis que les tissus muraux aux motifs fleuris, rehaussés par les moulures dorées et les laques noires, symbolisent l’élégance du temps.

Vous trouverez cette inspiration dans les chambres et suites Carmen, Emma, Blanche, Mimi, Rita et La Belle Otero.

Carmen

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« Carmen, longue et mince // était la brune ardente, traditionnelle, avec laquelle il est entendu qu’on ne doit pas s’embêter. Au reste, une jolie fille qui avait roulé partout, à Paris, à Nantes, à Marseille… » André Dahl, Ces Dame du 12.

De cette maison de plaisirs de province, Carmen apprécie la douce température et les beaux messieurs qui, fumant et buvant sec, viennent trouver ici un brin de compagnie. Comme ses compagnes, elle garde l’espoir qu’un jour, une liaison heureuse la fera évoluer de l’état de fleur de pavé à celui de courtisane adulée. Un comte, un duc, un prince ? Elle rêve de beaux hôtels particuliers et d’attelages, s’imagine couverte de dentelles et de bijoux. Elle sait bien que pour s’emparer tout à la fois du cœur et du cerveau de l’homme qu’elle possède et se hisser dans le beau monde, il faut non seulement être jolie, mais maline et intrépide…

Emma

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Elle s’appelle Emma Crouch. Elle est née à Plymouth en Angleterre et les plus hauts aristocrates du Second Empire ne peuvent résister au charme piquant de cette brune extravagante qui aime autant l’argent que les plaisirs charnels. Dans les années 1860, quand elle s’installe à Paris, Emma est bien décidée à faire fortune en devenant une « femme galante. » Elle prend alors le pseudonyme plus poétique de Cora Pearl. Comblée de richesses par ses nombreux amants dont le prince Napoléon, cette gourmande de tous les plaisirs multiplie les fêtes somptueuses et les fantaisies : lors d’une soirée parisienne au Café Anglais, fameux restaurant qui a l’avantage d’offrir à sa clientèle des cabinets particuliers, elle va jusqu’à se faire « servir elle-même », en s’allongeant nue sur un immense plateau d’argent…

Les Mémoires de la belle Anglaise s’achèvent par ces mots : « Je n’ai jamais trompé personne, car je n’ai jamais été à personne. Mon indépendance fut toute ma fortune : je n’ai pas connu d’autres bonheurs. »

Blanche

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« Pour être muette, elle n’en parlait pas moins aux sens », assure Gabriel-Jules Janin en découvrant Marie-Ernestine Antigny dans le rôle muet de la statue d’Hélène, dans le Faust d’Adolphe Ennery. Comme toutes les demies-mondaines issues d’un milieu modeste, l’ancienne écuyère du cirque Napoléon sait qu’elle ne trouvera son salut que sur les planches.  Si son jeu s’avère médiocre, ses formes généreuses sont remarquées : dès lors, la jolie blonde se fait rebaptiser Blanche d’Antigny et côtoie la fine fleur de l’aristocratie russe qui la couvre de bijoux, de fourrure et de roubles.

Ses fêtes défraient la chronique, sa vie dissolue fascine : mais la voluptueuse courtisane ne résiste pas longtemps à ses créanciers qui, malgré ses riches prétendants, la font s’enfuir à Alexandrie où elle se produit sur scène en 1873. Blanche décède à l’âge de 34 ans. Sa fin prématurée inspirera Emile Zola pour le personnage de Nana.

Mimi

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Alfred de Musset aime sa Mimi Pinson avec son nez retroussé, ses jolies dents, son visage rond sous le petit bonnet…

« Mimi Pinson est une blonde,

Une blonde que l’on connaît.

Elle n’a qu’une robe au monde,

Landerirette !

Et qu’un bonnet.

Quand un bon souper la réveille,

Elle fait sortir la chanson

De la bouteille.

Parfois il penche sur l’oreille,

Le bonnet de Mimi Pinson.

… »

Alfred de Musset

Rita

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Elle est née vers le bas de la rue de la Colonie, un quartier de chiffonniers baigné par la Bièvre. Malgré sa maigreur, Rita possède une beauté sauvage qui n’échappe à personne et surtout pas à sa mère qui n’attend pas ses seize ans pour la placer comme pensionnaire dans une maison de plaisirs. Il ne faut guère plus de quelques semaines pour qu’un jeune aristocrate, au physique ingrat mais à la bourse généreusement garnie, en tombe amoureux et l’installe dans un petit meublé du côté de l’Opéra. Comment résister au plaisir d’exhiber sa fraîche conquête ? Le jeune imprudent emmène Rita aux bains de mer, après lui avoir offert bijoux et toilettes achetés dans les plus belles boutiques de la place Vendôme, de la rue de la Paix et de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. En moins d’une semaine à Trouville, la fraîche Rita reçoit plus de cartes de visites qu’il n’en faut : la voilà lancée dans le grand monde… et perdue pour son infortuné protecteur !

LA BELLE OTERO

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« La fortune vient en dormant. A condition de ne pas dormir seule », affirmait La Belle Otero…

Dotée d’un tempérament de feu, viscéralement indépendante et rêvant de gloire, Caroline Otero Iglesias ne reste pas longtemps en Espagne où elle a grandi dans un milieu modeste. Son charme, son sourire espiègle et sa grâce donnent à ses prestations de danseuse et d’actrice une force irrésistible. Sa carrière est éblouissante : gardant son nom de scène, La Belle Otero entreprend des tournées triomphales en Europe, Amérique et Russie, séduisant tout ce qui compte de plus brillant dans le Gotha du Second Empire, Edouard VII, Léopold II de Belgique, le duc de Westminster, le ministre Aristide Briand ou encore l’écrivain Gabriele d’Annunzio. Grâce au pionnier du cinéma Félix Mesguich qui la filme en train de danser à Saint-Pétersbourg en 1898, elle devient même « la première star de l’histoire du cinéma. »

Les formes rebondies des coupoles du Carlton de Nice auraient été copiées sur les seins de la belle Espagnole…